Tracts, affiches, meetings… : c’est souvent à ces routines militantes que se résume l’activité proposée par les partis politiques. Leur efficacité n’est que rarement interrogée, tant le rythme des élections dévore la vie de ces organisations. Pourtant, par le passé, certaines organisations ont pu investir de façon bien plus large d’autres espaces de la vie, en cherchant à incarner alors – à des degrés divers et de différentes manières – le modèle de contre-société qu’elles proposaient.

BPP Free breakfast 2

A partir de 1968, le Black Panther Party propose des petits-déjeuners gratuits, organise une aide aux devoirs, des cours de politique et d’économie, des cliniques médicales gratuites.

Le Parti Communiste Français, initialement construit pour porter un contre-modèle à la société capitaliste, propose  entre les années 1930 et les années  1970  des activités qui débordent la politique pratiquée dans les partis classiques, notamment en animant des organisations parallèles qui répondent aux besoins matériels et sociaux et aux aspirations culturelles de ses militants et de leurs familles. De l’autre côté de l’océan atlantique, à la fin des années 1960, le Black Panther Party organise la résistance concrète aux agressions policières et met en place plusieurs programmes de services gratuits en direction de la communauté noire américaine.

Affiche générique de la fédération de Lyon reproduisant un dessin offert par Jean Cocteau au Secours populaire français à la fin des années 1950.

Affiche générique
de la fédération de Lyon
reproduisant un dessin
offert par Jean Cocteau
au Secours populaire français
à la fin des années 1950.

Si la réalité de ces tentatives de “faire contre-société” est souvent plus nuancée que les souvenirs qu’ils ont laissé, ils disent en tout cas qu’il est possible de faire de la politique autrement. A travers ces deux exemples (et ceux que la discussion amènera), nous réfléchirons donc à ce qu’une organisation politique du 21e siècle pourrait tirer comme enseignement de ces expériences, de leur pertinence dans la société actuelle, et – plus généralement – de tout ce qui permettrait d’incarner aujourd’hui un véritable modèle de contre-société.

Pour en débattre, nous proposons de se retrouver pour la seconde séance de la « fabrique des lilas » :

Mardi 24 janvier – 19h30
« Faire contre société » : analyser des formes
d’organisation passées pour penser l’avenir

Le Lescot (salle à l’étage)
5 rue Lassus (à la sortie du métro) – Paris 19e
Metro Jourdain (ligne 11)

Pour retrouver le programme et la présentation de la fabrique des lilas : c’est ici ! 

Pour retrouver la synthèse des échanges de cette séance : c’est ici !

Pour préparer cette séance de la fabrique des lilas, vous trouverez à consulter ci-dessous (ou à télécharger en lien) un choix de textes qui abordent au travers de l’expérience du PCF ou des Black panthers le thème de cette « fabrique » et permettent de documenter ces tentatives de « faire contre-société ».
Sur le parti communiste français :
– Extrait de Annie Kriegel, Les communistes français, Seuil, 1968 – « le parti société »
– Extrait de Axelle Brodiez, Secours populaire français.1945-2006, Presses Sciences Po, 2006 – « le conglomérat communiste »
– Extrait de l’article en ligne « Les leurres du communismes municipal », Convergences révolutionnaires, 2008
Bonus à écouter : Les gosses de Bagnolet, chanson stalinienne
Sur le Black Panther Party :
– Extraits de Tom Van Eersel, Panthères noires. Histoire du Black Panther Party, L’Echappée, 2006.
Bonus à regarder : vidéo de découverte du parti des black panthers ou pour aller plus loin, un documentaire de Mike Gray sorti en 1971, The Murder of Fred Hampton
Et pour les anglicistes, un article de Jacobin : Remembering the Black Panther Party

 

 

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