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« Demain, entre nos mains ? Comment nous avons démocratisé les entreprises » – Causerie #4 avec Benoît Borrits

A force de défaites et de combats perdus, la roue du progrès social semble grippée. L’adoption de la « loi travail », malgré l’opposition massive de la population, en est la meilleure illustration. Les revendications du mouvement social se font toujours plus défensives. Hier, on se battait pour conquérir de nouvelles avancées (hausse des salaires, réduction du temps de travail, congés payés…). Voilà qu’on se retrouve à défendre un code du travail pourtant bien imparfait, à constater impuissants l’ampleur des régressions sociales, à discuter le niveau « acceptable » de la précarité – tout juste à la marge syndicats et organisations politiques  proposent-ils de travailler un peu moins et d’élargir un peu les compétences des comités d’entreprise lorsqu’ils existent. Qui propose aujourd’hui de nouveaux droits et de nouveaux pouvoirs pour les travailleurs ?

Pour retrouver le chemin du progrès social, il faut poser des questions fondamentales. Aujourd’hui, la démocratie s’arrête aux portes de l’entreprise et le travailleur n’y est pas citoyen, considéré comme incapable de déterminer les orientations à prendre. Plutôt que revendiquer l’abandon de mesures régressives ou d’aménager l’existant, allons jusqu’au bout de la question : dans le cadre de l’entreprise, pourquoi ne pas faire en sorte que le pouvoir appartienne, entièrement, à ceux qui y travaillent ?
Se réapproprier le travail, c’est aussi s’attaquer à l’extorsion de la plus-value et la propriété des moyens de production. Ou dit plus simplement : qui doit décider ? Ceux qui possèdent ou ceux qui font ? A qui appartient le fruit du travail de tous ?

Ce n’est pas une douce rêverie : des solutions concrètes existent. Des formes d’appropriation collective de l’outil de travail existent depuis plus d’un siècle avec les coopératives ou les expériences d’autogestion. Quelles politiques économiques, quelles nouvelles formes juridiques de l’entreprise, quels nouveaux droits des travailleurs et quelles formes d’organisation démocratiques de l’activité, permettraient que toutes et tous se réapproprient le pouvoir dans l’entreprise ? Qu’ils aient le contrôle sur la conduite et le fruit de leur travail ? A nous, dans cette causerie, de réfléchir aux moyens concrets par lesquels les travailleurs pourraient prendre concrètement en main leurs entreprises, leurs productions.

Durant cette réunion, nous vous proposerons donc un voyage dans le temps, sous forme de récit d’anticipation, comme si le temps de lilas était déjà advenu et que nous pouvions vous raconter comment nous avons démocratisé le monde du travail et repris le pouvoir dans les entreprises, malgré les résistances des propriétaires et de leurs représentants.

Pour construire avec nous cette chronique, Benoît Borrits, de l’Association pour l’autogestion et auteur de Coopératives contre capitalisme sera notre invité.

Cette nouvelle « Causerie » aura lieu le 21 février à 19h30 au Lieu Dit (6, rue Sorbier, Paris 20e). Pour celles et ceux qui ne sont pas à Paris, cette rencontre sera filmée et mise en ligne sur notre site internet.

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