Les Trente Glorieuses ont vu s’imposer une agriculture productiviste, marquée par la concentration des exploitations, la mécanisation et l’usage intensifs de produits chimiques. Ce modèle a longtemps été pensé comme le graal pour les agriculteurs comme les consommateurs, il devait garantir aux uns une activité moins physique et des revenus plus élevés, aux autres l’accès à des produits de consommation en quantité et à bas prix.

Aujourd’hui, ce modèle productiviste, qui a pu répondre à des enjeux importants après la seconde guerre mondiale, est un leurre. C’est d’abord une aberration écologique qui épuise les sols, pollue les cours d’eau et produit des émissions massives de gaz à effet de serre. Il s’est aussi largement retourné contre les agriculteurs : les exploitations familiales ne dégagent souvent pas un revenu décent et on dénombre un suicide d’agriculteur tous les deux jours. Les consommateurs font face quant à eux à la multiplication des scandales alimentaires liés au défaut de traçabilité, à la complexification des filières. Le modèle productiviste a aussi creusé l’écart entre ceux qui peuvent se permettre d’acheter des aliments biologiques et de forte qualité, et les autres.

Il est temps de changer radicalement de modèle agricole et de revenir à une agriculture paysanne, respectueuse de l’environnement, des paysans et des consommateurs. Circuits courts, structures d’achat direct, agriculture biologique, systèmes économes et autonomes, changement des habitudes de consommation : de nombreuses solutions existent et sont déjà largement expérimentées. Mais il reste à voir comment elles peuvent être généralisées et articulées comme nouveau modèle agricole. C’est ce dont nous proposons de débattre tout comme à la façon dont nous pourrions contrer les lobbies de l’agro-business et les ripostes des tenants de l’agriculture productiviste. C’est cette réflexion générale et pratique que nous souhaitons élaborer.

Dans cette réunion, nous vous proposerons donc un voyage dans le temps, sous forme de récit d’anticipation, comme si le temps de lilas était déjà advenu et que nous pouvions raconter comment nous avons changé de modèle agricole et permis la généralisation d’une agriculture paysanne.

Pour construire avec nous cette chronique, Aurélie Trouvé, ingénieure agronome, auteure de « le business est dans le pré » et porte-parole d’Attac, sera notre invitée. Cette « Causerie » aura lieu le jeudi 16 mars à 19h30 au Maltais rouge, 40 rue de Malte à Paris, 11e.

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