« La Grèce doit cesser d’être un puits sans fond », affirmait Wolfgang Schäuble, ministre allemand des finances, en février 2012. La dette grecque apparaît en effet comme un puits sans fond… pour l’expliquer, les commentateurs pointent du doigt l’Etat grec qui aurait procédé à une gabegie de dépenses publiques.

Pourtant la dette grecque a surtout été creusée par les taux d’intérêts exorbitants ainsi que les mesures d’austérité drastique qui ont été imposés à la Grèce !

La dette grecque n’est pas le résultat de dépenses publiques excessives…

La flambée de la dette grecque ne résulte pas du tout d’une gabegie de fonctionnaires et de prestations sociales. Les dépenses sont restées globalement constantes (et elles ont même eu tendance à diminuer, par exemple de 2004 à 2011, elles sont passées de 48,8 milliards à 41,6 milliards par an) et, comme en France, ce sont les taux d’intérêt excessifs et les cadeaux fiscaux qui ont gonflé la dette.

… mais de taux d’intérêts exorbitants

Les taux d’intérêt exigés par les prêteurs entre 1990 et 2000 ont été extravagants (en moyenne 7,5 %), d’où un effet « boule de neige » : l’État grec s’est endetté pour parvenir à payer ces intérêts exorbitants.

composantes dette grecque

Au total, avec des taux d’intérêt « raisonnables » et un simple maintien des recettes publiques, la dette grecque aurait été deux fois plus faible en 2007. On peut considérer que la moitié de la dette grecque était illégitime à cette date : elle a découlé d’une ponction opérée par les créanciers, nationaux ou étrangers, et d’une baisse des impôts (de 39 milliards en 1999 à 34 milliards en 2007) au bénéfice principal des plus riches.

… et de l’effet pervers de « l’aide » de la Troïka

A cela s’est ensuite ajouté les diktats de la Troïka (Commission européenne, BCE et FMI), qui ont fait plonger l’économie grecque, ce qui a provoqué mécaniquement une hausse de 33 % (de du rapport entre la dette et le PIB ! Quant aux prêts de « sauvetage » de la Grèce, 77% a servi à recapitaliser les banques privées grecques (58 milliards) ou ont été versés directement aux créanciers de l’Etat grec (101 milliards), pour l’essentiel des banques européennes ou américaines. L’explosion de la dette depuis 2007 est entièrement due à la récession infligée par la Troïka. Comme l’a montré la Commission pour la vérité sur la dette publique grecque, cette dette est illégale, odieuse, illégitime et insoutenable.

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