Cette solution serait frappée par le sceau du bon sens : s’il n’y a pas de déficit, il ne peut y avoir constitution d’une dette.

Il suffirait d’être « discipliné » et « rigoureux » en ne dépensant pas plus que ce que l’on gagne.

Pourtant, dans la réalité, les choses sont loin d’être aussi simples. La rigueur budgétaire peut, en effet, avoir des effets désastreux !

La crise de 1929, que l’on évoque souvent, a été terrible et durable parce que les gouvernements, par souci de rigueur budgétaire, n’ont pas fait les dépenses publiques nécessaires pour soutenir l’activité économique et casser le cercle vicieux de la récession. Dans les situations de crise, le principe « zéro déficit » conduit au contraire à plus d’austérité, donc plus de récession et plus de déficits… et plus d’austérité etc.

Restreindre les investissements publics, c’est hypothéquer l’avenir

Mais ce n’est pas tout. « Zéro déficit », cela signifie restreindre gravement les investissements de long terme, puisque les dépenses publiques sont exclusivement limitées par les recettes courantes. Or ces investissements, plus que jamais nécessaires pour amorcer la transition écologique, seront utilisés des décennies durant par plusieurs générations, ce qui justifie le recours à l’endettement.

Quand ils sont orientés vers les biens communs et les services publics, ces investissements permettent également de faire des économies sur le long terme, et même les économistes libéraux reconnaissent l’importance de l’investissement public, par exemple en matière d’éducation et de santé.

Les investisseurs privés ne doivent pas remplacer la démocratie

Les experts de marchés prétendent que les investisseurs privés doivent prendre le relais pour financer les projets d’infrastructure, de long terme, qui engagent l’avenir de nos sociétés. Qu’ils soient capables de le faire, c’est déjà discutable !

Et même si c’était le cas, cela supposerait que le critère de rentabilité prime sur l’utilité sociale et écologique (comme c’est le cas pour le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes et les autres « grands projets inutiles »). Et cela donnerait aux investisseurs privés un pouvoir considérable pour décider de l’avenir de nos sociétés, contre la démocratie.

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