Pour les « experts » de la finance, il n’y a pas d’alternative pour sortir de la crise de la dette : il faut se serrer la ceinture. En d’autres termes, il faut de l’« austérité ».

Derrière ce mot se cache un programme complet de réformes économiques : coupes dans les dépenses publiques (fonction publique, services publics, allocations et protection sociales, retraites…), mais aussi des privatisations, moins de droits sociaux ainsi que des baisses d’impôts – notamment en direction des entreprises et des plus riches.

Les politiques d’austérité sont inefficaces pour résorber la dette 

L’austérité est une spirale destructrice, économiquement et socialement, pour tous les pays qui la pratiquent. La baisse des dépenses publiques se traduit par moins d’investissements (et donc de commandes auprès des entreprises), des gels de salaires pour les fonctionnaires et des baisses d’allocations (donc moins de pouvoir d’achat pour la population).

En réduisant les revenus de la population, elle détruit l’activité et entraîne la récession. Comme les ménages et les entreprises gagnent moins, ils paient moins d’impôts, ce qui fait baisser les recettes fiscales de l’État (ce problème est par ailleurs aggravé par les réductions fiscales qu’il continue à accorder). Résultat : de nouveaux déficits… que l’on comblera par de nouvelles dettes.

Les enseignements de la crise grecque : l’austérité a entraîné de la récession

Examinons l’exemple de la Grèce. De 2009 à 2014, la réduction des dépenses y a été de 28 %. Les déficits ont certes été réduits, mais avec un coût social et économique monstrueux. En 2014, le PIB de la Grèce est inférieur de 25,8 % à son niveau de 2007. L’investissement a chuté de 67%. Quel bon boulot ! Le taux de chômage est de 26% alors même que nombre de jeunes et de moins jeunes ont dû quitter leur pays pour trouver un emploi. 46% des Grecs sont au-dessous du seuil de pauvreté, la mortalité infantile a augmenté de 43%.

Quant aux prévisions de Bruxelles, à l’automne 2011 elles annonçaient déjà la reprise en Grèce pour 2013. Finalement, le PIB grec a chuté de 4,7% cette année-là.

Les politiques d’austérité ne sont pas neutres : elles bénéficient aux plus aisés

Si l’on y regarde de plus près, en réalité tout le monde ne doit pas se serrer la ceinture. Alors que les classes populaires et moyennes sont soumises à l’austérité, les plus riches, les banques et les entreprises du CAC40, elles, ne sont pas seulement épargnées par l’austérité : elles en sont les premiers bénéficiaires !

Avec 372 milliards d’euros au second trimestre 2016, les dividendes versés aux actionnaires dans le monde n’ont jamais été aussi élevés. Dans le même temps, les inégalités explosent et atteignent un niveau inégalé. D’après un rapport publié en janvier 2016 par Oxfam, 62 personnes possèderaient autant que la moitié de la population mondiale.

En France, les banques annoncent dès 2009 plus de 11 milliards d’euros de bénéfices ! Ils auraient pu être utilisés pour se protéger contre les risques en accroissant leurs provisions et leurs fonds propres. Elles en ont surtout profité pour augmenter les revenus de leurs dirigeants et verser des dividendes (+30% pour Société Générale !) à leurs actionnaires.

 

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